Ultras, les autres protagonistes du football

Par Olivier Starquit

Dans son ouvrage fascinant Ultras, les autres protagonistes du football, Sébastien Louis, ancien membre du Commando Ultra à Marseille, s’est penché sur les ultras — la frange la plus passionnée, organisée, investie et jusqu’au-boutiste des supporters d’une équipe de foot qui occupent les tribunes et donnent à voir un spectacle coloré pendant les matchs. S’y intéressant au cours de ses études d’histoire pour ne plus jamais les lâcher par la suite, il nous livre une somme retraçant les évolutions de ce mouvement, notamment ses liens avec l’histoire italienne et celle de la jeunesse occidentale. Ce qui permet de clarifier quelques zones d’ombre et de nuancer quelques idées reçues. Comme par exemple, l’idée selon laquelle les ultras seraient tous des hooligans, c’est-à-dire des voyous sans cause, profitant de matchs pour faire le coup de poing.

 

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Les ravages du tropisme élitiste de l’égalité des chances

Par Marc Sinnaeve

En troquant la priorité des luttes sociales contre celle des questions sociétales, écrit le philosophe Jean-Claude Michéa dans Notre ennemi le capital, la gauche donne l’impression d’abandonner la « cause du peuple » au profit de la cause des minorités. Principalement aux yeux de ceux qui éprouvent le plus durement les effets de la mise en concurrence de tous contre tous dans le marché global. C’est un des effets secondairesdu principe d’égalité des chances comme nouveau modèle de la justice sociale. 

 

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Une histoire du foot par en bas – Entretien avec Mickaël Correia

 

Propos recueillis par Aurélien Berthier et Olivier Starquit

Le journaliste indépendant français Mickaël Correia a signé une passionnante Histoire populaire du football qui redonne corps à l’autre histoire du football, celle qui n’est pas écrite par les institutions du foot-business comme la FIFA ou les fédérations nationales. Une histoire « par en bas » du football, à la fois dans sa pratique et dans le spectacle qu’il donne à voir. Le livre tente de dégager enjeux de luttes contenus dans ce qui constitue en réalité un véritable espace politique. Le football est en effet aussi un creuset des résistances face à l’ordre établi. Et une arme, en tout cas un instrument d’émancipation, pour tous les groupes sociaux qui ont été opprimés à travers l’histoire comme les ouvriers, les femmes, les colonisés…

 

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Jonathan Durand Folco : « Le municipalisme c’est l’autogouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple »

Propos recueillis par Aurélien Berthier

Dans « À nous la ville, Traité de municipalisme », Jonathan Durand Folco, philosophe de formation, professeur à l’École d’innovation sociale (Université Saint-Paul d’Ottawa) et spécialiste des questions de démocratie participative en milieu urbain, réhabilite la municipalité comme un espace politique et un vecteur de transformation sociale. Comment penser le rôle des villes aujourd’hui, comment en repolitiser les enjeux, et en changer les institutions pour ramener du pouvoir dans les mains des citoyen·nes ? Une vision motivante face à la vision néolibérale dominante et dépolitisante de la ville vue comme une entité à gérer à la manière d’une entreprise.

 

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L’État social actif, source de tous nos mots ?

Par Sarah de Liamchine

Régulièrement critiquée et pointée du doigt dans les médias ou la sphère politique, la novlangue décrit une série de pratiques langagières qui permettent tantôt d’atténuer une réalité ou un fait, tantôt d’exercer une réelle manipulation de masse basée sur le changement des représentations et de sens. Ces mots, qui changent nos pratiques autant que notre vocabulaire, s’immiscent également dans le quotidien d’organisations socioculturelles. Outre le langage managérial, une des grandes sources du nouveau vocable provient des politiques de l’État social actif menées en Belgique ces dernières décennies. Mesures et discours dont le secteur associatif militant se méfie pourtant fortement.

 

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De quoi Macron est-il le nom ?

 

Par Olivier Starquit

Après une campagne-éclair, celui qui se veut un président jupitérien a été élu par défaut face à Marine Le Pen en recueillant les voix de 43,6% des électeurs inscrits. Adoubé par les médias, cet ancien ministre de François Hollande  s’est emparé de l’Elysée et de l’Assemblée nationale avec son mouvement « En Marche ». Retour sur un phénomène qui sème la confusion et, en suivant les analyses d’Alain Deneault, petite introduction à l’extrême centre dont Emmanuel Macron est l’un des agents les plus ardents.

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LES LARMES COMME MANIFESTATION DE LA PUISSANCE POLITIQUE

 

George Didi-Uberman, Peuples en larmes, peuple en armes, Editions de Minuit, 2016

Le philosophe français George Didi-Uberman développe dans Peuples en larmes, peuple en armes, l’idée que les émotions (et leurs images) peuvent se déployer hors du spectacle ou de l’humanitaire, pour redonner une puissance d’agir à ceux qui en sont dépossédés. À partir de l’idéal-type du Cuirassée Potemkine, où une mort injuste suscite d’abord des larmes, puis des poings qui se lèvent, il montre comment un émoi peut se changer en émeute. Que loin d’être un signe d’impuissance et de fragilité exprimé en privé, l’émotion peut devenir partagée, le sanglot manifester une puissance politique et mener à l’action. Ce n’est pas un concept abstrait, ces mort injustes, celles qui touchent notamment un enfant, un jeune homme, des femmes, des personnes âgées, un groupes de civils désarmés, et leurs déroulés révolutionnaires, les récentes révolutions arabes en regorgent. Car elles sont autant de situations (et d’images) qui provoquent un sentiment d’horreur et d’indignation. Devant elles, on est accablé et on pleure. Ces larmes publiques, celles de ceux qui en sont témoins, possèdent une forte résonance critique : « se plaindre » peut devenir « porter plainte », la lamentation se transformer en colère et besoin de justice. Et bientôt, c’est tout le peuple en (l)armes qui les rejoindra. Le soulèvement peut alors commencer. (Aurélien Berthier)

RETOUR A L'ARTICLE : Enzo Traverso : La mélancolie comme ressource de lutte à retrouver

Mobilisations générales momentanées et lutte contre les inégalités

Par Jean Blairon

Pour certains, la lutte politique contre les inégalités se doit de prendre de nouveaux chemins - entendons des chemins médiatiques : il s'agirait désormais de « toucher le plus grand nombre » en s'adressant à chacun dans « sa culture » (par exemple en faisant communier dans une émotion produite par un « spectacle » déclaré « populaire », en suscitant des larmes), en « donnant l'occasion » à tous de « se mobiliser » (notamment en faisant un « don »). Analyse de ces moments de mobilisations générales et momentanées (MGM) ainsi que de leur idéologie sous-jacente visant à dépolitiser des questions sociales et à évacuer la solidarité au profit d’une charité programmée.

 

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UN POPULISME DE GAUCHE POUR ORGANISER LA COLÈRE

Par Olivier Starquit

Souvent utilisé pour disqualifier tout adversaire ou toute idée sortant du cadre de la pensée unique,  le populisme, tel que décliné par François Ruffin, Jean-Luc Mélenchon ou Chantal Mouffe se mue en un populisme de gauche propice à capter la colère et l’indignation des classes qui ne se sentent plus représentées. Ou comment transformer la rage en substrat pour radicaliser la démocratie !

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Le populisme contre la démocratie

 

Par Michel Gheude

Sous la forme du populisme, l’extrême droite d’aujourd’hui diffère de celles d’hier. Elle ne se présente pas comme hostile à la démocratie. Elle se dit au contraire plus démocrate que la démocratie dont elle dénonce les dérives. En réalité, elle en fait un usage pervers et reste son ennemie mortelle.

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