LES LARMES COMME MANIFESTATION DE LA PUISSANCE POLITIQUE

 

George Didi-Uberman, Peuples en larmes, peuple en armes, Editions de Minuit, 2016

Le philosophe français George Didi-Uberman développe dans Peuples en larmes, peuple en armes, l’idée que les émotions (et leurs images) peuvent se déployer hors du spectacle ou de l’humanitaire, pour redonner une puissance d’agir à ceux qui en sont dépossédés. À partir de l’idéal-type du Cuirassée Potemkine, où une mort injuste suscite d’abord des larmes, puis des poings qui se lèvent, il montre comment un émoi peut se changer en émeute. Que loin d’être un signe d’impuissance et de fragilité exprimé en privé, l’émotion peut devenir partagée, le sanglot manifester une puissance politique et mener à l’action. Ce n’est pas un concept abstrait, ces mort injustes, celles qui touchent notamment un enfant, un jeune homme, des femmes, des personnes âgées, un groupes de civils désarmés, et leurs déroulés révolutionnaires, les récentes révolutions arabes en regorgent. Car elles sont autant de situations (et d’images) qui provoquent un sentiment d’horreur et d’indignation. Devant elles, on est accablé et on pleure. Ces larmes publiques, celles de ceux qui en sont témoins, possèdent une forte résonance critique : « se plaindre » peut devenir « porter plainte », la lamentation se transformer en colère et besoin de justice. Et bientôt, c’est tout le peuple en (l)armes qui les rejoindra. Le soulèvement peut alors commencer. (Aurélien Berthier)

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