Football féminin : reprises de volée sexistes et passements de genres

Par Valentine Bonomo

Le football fait encore partie de ces sports considérés comme masculin. Et pourtant. Non seulement les femmes jouent au foot, mais de plus en plus de femmes jouent au foot et s’en réapproprient les codes. Bousculant les habitudes, le terrain devient aussi, et quelques fois malgré les joueuses, un espace de définition de ce que c’est que la féminité. Souvent loin des considérations féministes mais jamais très distant des dérives sexistes, l’existence du football féminin suffit-elle à remettre en question nos normes de genre ?

 

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Ballon en or et mauvaise passe

Par Jean Cornil

En général, je délaisse le ballon, le week-end sportif, la fièvre des supporters et la ferveur avinée. Mais, tous les quatre ans, je me surprends à endosser, crescendo durant un mois, le maillot de l’amateur de foot, m’identifiant à telle équipe, amusé des rugissements et des déguisements des « aficionados », indigné par une « faute » d’arbitrage, dissertant sur les tactiques des coachs et toujours fasciné par le nombre de drapeaux aux fenêtres. Puis, l’euphorie de la finale retombée, je retourne à mes occupations avec, en tête, la formule, en soi idiote, de Winston Churchill à qui l’on demandait le secret de sa bonne santé : « No sport » avait répondu le Premier ministre britannique.

 

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Spinoza : un phare pour éclairer notre futur

Par Jean Cornil

Le philosophe Baruch Spinoza, qui a vécu au 17e siècle, n’est pas une figure de la pensée savante, réservée aux cercles élitistes d’obscurs académiciens. Malgré l’évidente complexité de ses œuvres – L’Éthique est illisible sans un accompagnement pédagogique très solide - Spinoza nous propose une réflexion sur la vie et le monde d’une remarquable modernité. En ces temps des effondrements de vastes récits théologico-politiques et de la navigation à vue de l’existence comme de la cité, il incarne magnifiquement l’indémodable homme qui sait éclairer nos incertitudes.

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Rêver sous le capitalisme - A propos du Film de Sophie Bruneau

Par Aurélien Berthier

Sophie Bruneau, auteure de Arbre ou La corde du diable, nous offre une sorte de suite quinze ans après à son puissant Ils n’en mourraient pas tous, mais tous était frappés, qui donnait à voir les effets sur la santé de l’organisation du travail. La réalisatrice et anthropologue poursuit son exploration de la manière dont le capitalisme contamine notre psyché et nous aliène, ici, jusque dans notre lit.

 

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Le français en Afrique noire : non pas un cadeau mais un accident de l’histoire

Par Antoine Tshitungu Kongolo, écrivain et essayiste

Parler le français, écrire en français n’est pas un gage donné à l’acculturation induite par la colonisation, ni une acceptation de la prétendue infériorité de langues africaines. Qui plus est, le français n’est plus le monopole de l’Hexagone.La France, modelée par un gallocentrisme multiséculaire, ne se perçoit pas comme un pays francophone. Elle se veut l’épicentre d’une francophonie internationale considérant l’Afrique noire, le Québec, les Antilles, la Belgique et la Suisse comme des périphéries.Ce francocentrisme est patent dans des termes dualistes comme littérature française / littérature francophone. Ce binôme n’est-il pas le symptôme d’un malaise ? N’y aurait-il de littérature française que dans l’Hexagone ? Pourquoi réserver l’épithète francophone aux écrivains issus d’autres latitudes ?

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Le temps des « humiliations » flamandes

Par Marc Sinnaeve

En se disant foncièrement belges et partisans d’une Belgique unie et solidaire, nombre de francophones ignorent, en toute bonne foi, qu’ils ne parlent pas de la même Belgique ni du même rapport à celle-ci que leurs compatriotes flamands : celle qui, pour eux, fait figure de « mère-patrie » est aussi celle qui, dès l’indépendance, a abandonné à leur sort ses enfants flamands en choisissant le français pour seule langue officielle. C’est là le terreau du clivage opportunément appelé « centre – périphérie », bien qu’il soit souvent ramené à de simples « querelles linguistiques Nord-Sud ». Il y est bien question de langues, certes, mais aussi de domination socioculturelle et de rapport de classes.

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Le dollar vaudra toujours plus que l’euro

Prenez un billet de un dollar et un billet de cinq euros. Comparez-les.

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La lutte pour les mots : la proie pour l’ombre ?

 

Par Jean-François Pontegnie

 

Les mots en eux-mêmes ne sont rien, les situations d’énonciation font tout. Les conditions de production d’énoncés et, partant, de discours idéologiques, sont les seules qui vaillent d’être considérées et contre lesquelles il vaut de se battre. Ainsi qu’en témoigne douloureusement la crispation sur le vocable « cotisation » (sociale), à se replier sur les mots, à la limite sur le discours, la gauche ne réinvente-t-elle pas le moulin à prières, dont l’efficacité sociale demeure douteuse ?

 

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Les mots importent

 

Par Olivier Starquit

 

« Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet et voilà qu’après quelque temps, l’effet toxique se fait sentir ». Cette citation de l’analyste du discours nazi Victor Klemperer nous rappelle que les mots, utilisés quotidiennement peuvent avoir une importance déterminante sur le long terme dans la manière de construire notre univers social et de désigner les rapports politiques. Et qu’il est dès lors indispensable de déterminer la riposte à développer dans ce combat sémantique, bien avant que les mots du pouvoir nous empêchent la critique.

 

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Alice Krieg-Planque : « Lutter au sujet du langage fait partie du combat idéologique »

Propos recueillis par Aurélien Berthier

Une bataille sémantique permanente oppose les pouvoirs dominants qui tentent d’imposer leurs mots et partant leurs catégories à des contre-pouvoirs qui essayent de développer et diffuser un vocabulaire alternatif, chacun visant à créer des catégories pour penser le monde. Mais, la production et la diffusion de ces énoncés relèvent de mécanismes très subtils et surtout très mouvants. Alice Krieg-Planque, maitresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil est spécialisée en analyse des discours, notamment militants. Elle répond à nos questions pour savoir comment appréhender et apprivoiser ces formules.

 

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