La lutte pour les mots : la proie pour l’ombre ?

 

Par Jean-François Pontegnie

 

Les mots en eux-mêmes ne sont rien, les situations d’énonciation font tout. Les conditions de production d’énoncés et, partant, de discours idéologiques, sont les seules qui vaillent d’être considérées et contre lesquelles il vaut de se battre. Ainsi qu’en témoigne douloureusement la crispation sur le vocable « cotisation » (sociale), à se replier sur les mots, à la limite sur le discours, la gauche ne réinvente-t-elle pas le moulin à prières, dont l’efficacité sociale demeure douteuse ?

 

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Les mots importent

 

Par Olivier Starquit

 

« Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet et voilà qu’après quelque temps, l’effet toxique se fait sentir ». Cette citation de l’analyste du discours nazi Victor Klemperer nous rappelle que les mots, utilisés quotidiennement peuvent avoir une importance déterminante sur le long terme dans la manière de construire notre univers social et de désigner les rapports politiques. Et qu’il est dès lors indispensable de déterminer la riposte à développer dans ce combat sémantique, bien avant que les mots du pouvoir nous empêchent la critique.

 

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Alice Krieg-Planque : « Lutter au sujet du langage fait partie du combat idéologique »

Propos recueillis par Aurélien Berthier

Une bataille sémantique permanente oppose les pouvoirs dominants qui tentent d’imposer leurs mots et partant leurs catégories à des contre-pouvoirs qui essayent de développer et diffuser un vocabulaire alternatif, chacun visant à créer des catégories pour penser le monde. Mais, la production et la diffusion de ces énoncés relèvent de mécanismes très subtils et surtout très mouvants. Alice Krieg-Planque, maitresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil est spécialisée en analyse des discours, notamment militants. Elle répond à nos questions pour savoir comment appréhender et apprivoiser ces formules.

 

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Pour un conflit de mémoires

Par Jean Cornil

 

En ces temps à la mémoire courte, où l’évènement d’hier est chassé par la nouvelle du matin, et où l’esprit se rétrécit à une juxtaposition de faits qui s’évanouissent dans cette société si liquide, mon attention est toujours mobilisée par le petit détail qui me tire brutalement en arrière. J’ai un faible pour la longue durée et l’œil dans le rétroviseur.

 

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Développer une éthique langagière face à l’insulte - Entretien avec Laurence Rosier

 

Propos recueillis par Aurélien Berthier

Professeure de linguistique à l’ULB, Laurence Rosier s’est spécialisée dans l’étude de l’insulte. Elle est également curatrice de l’exposition « Salope ! et autres noms d’oiselles » et a publié « Petit traité de l’insulte » ainsi que « De l’insulte… aux femmes », ouvrage sorti récemment qui ajoute une dimension féministe à ses analyses. Retour sur ces insultes dont les mécanismes assignent une identité à l’insulté et qui peuvent être, suivant les contextes, vectrices de discrimination

 

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Entre l’État et le marché, bien plus que 50 nuances de gris

Par Marc Sinnaeve

On peut définir les rapports entre l’État moderne et le capitalisme, avec la philosophe Isabelle Stengers comme « une sorte de pacte asymétrique qui définit ce que, à chaque époque, l’État laisse faire au capitalisme et ce que le capitalisme fait faire à l’État  ». L’époque du capitalisme néolibéral, inaugurée en 1979, en est un terrain d’application… même s’il nous faut la saisir au travers de sa propre périodisation en trois phases différentes. Qui ont néanmoins en commun de marquer une profonde et globale néolibéralisation du monde et de l’existence.

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LE SEXISME DANS LA LANGUE FRANÇAISE

 

Par Sandra Roubin

Comme nous le rappelle Marina Yaguello, la langue est un « miroir culturel, qui fixe les représentations symboliques, et se fait l’écho des préjugés et des stéréotypes, en même temps qu’il alimente et entretient ceux-ci ». Habitué∙e·s à parler notre langue depuis la naissance, nous n’avons pas conscience des phénomènes d’invisibilisation des femmes et de leur dévalorisation qui peuvent s’y jouer. Mise en lumière de « petites règles » et particularités sémantiques qui contribuent au sexisme ambiant.

 

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Pour une orthographe à notre service - Spectacle La Convivialité

 

Par Aurélien Berthier

Dans leur spectacle-conférence « La convivialité », Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, tous deux profs en secondaire et rompus en linguistique, retracent sociologiquement, politiquement et historiquement le parcours sinueux de l’orthographe française dans une forme claire et plaisante. Leur objectif ? Que les spectateurs s’autorisent enfin à interroger notre norme, ce code graphique de la langue orale. Et envisagent de l’améliorer pour la rendre plus accessible, contre tous les dogmatismes des « curés de la langue ».

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La fabrique médiatique de l’altérité - Entretien avec MARION DALIBERT

 

Propos recueillis par Aurélien Berthier

 

Enseignante-chercheuse en sciences de l’information et de la communication de l’Université de Lille, Marion Dalibert interroge les rapports sociaux de genre, de race et de classe qui se manifestent dans les médias d’information généralistes et lamanière dont ces rapports participent à la production du nationalisme. Ses études de la médiatisation du mouvement « Ni putes ni soumises » ou de celle du roman « En finir avec Eddy Bellegueule » cherchent à appréhender le rôle que jouent ces médias dans la construction et l’usage des catégories désignant les minorités, les racisés et des classes populaires. De véritables manufactures à produire de l’Autre.

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Annuler l’avenir ?

 

Par Jean Cornil

Si j’avais eu la possibilité de me projeter dans l’avenir, quelques siècles, j’aurais à coup sûr, par un coup d’œil rétrospectif, regardé ce début de troisième millénaire avec l’effroi du fameux cri d’Edward Munch. Des milliers de scientifiques, de toutes spécialités, sur tous les continents, sonnent l’alarme sur l’état catastrophique de la planète. Des médecins avertissent de la dégradation très inquiétante de la qualité de l’air à Bruxelles. Le GIEC, au fil de ses rapports toujours plus préoccupés, nous signifie que, à défaut de modifier notre trajectoire de développement et d’emprise sur les écosystèmes, nous serons contraints d’annuler notre avenir, en provoquant des dégâts et des souffrances immenses pour les générations futures.

 

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