Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques

Cédric Biagini, Guillaume Carnino & Patrick Marcolini (coord.)

Les livres qui exposent de manière un peu sys­té­ma­tique les pen­sées radi­cales sont plu­tôt rares. C’est le cas de « Radi­ca­li­té, 20 pen­seurs vrai­ment cri­tiques ». Péda­go­gique et pro­fond, le livre expose l’analyse de vingt pen­seurs de la moder­ni­té : de Mar­cuse à Michéa, de Cas­to­ria­dis à Weil en pas­sant par Orwell, Paso­li­ni, Illich, Bau­man, Ellul ou Mar­za­no. La réflexion de chaque auteur est décryp­tée de manière pas­sion­nante et didac­tique. L’introduction, inti­tu­lée « Prendre le mal à la racine » exprime bien la démarche liée à l’étonnement de voir les intel­lec­tuels pré­ten­du­ment sub­ver­sifs et stars de la contes­ta­tion occu­per les médias alors que « leurs théo­ries par­ti­cipent plei­ne­ment du déploie­ment du capi­ta­lisme en favo­ri­sant les muta­tions sociales et cultu­relles exi­gées par le mar­ché ».La vraie rup­ture, selon les com­pi­la­teurs, se situe ailleurs. D’abord, être radi­cal ne signi­fie pas être extré­miste. Ensuite, les thèses expo­sées se veulent en rup­ture avec le sys­tème contrai­re­ment aux contes­ta­taires « offi­ciels » qui pos­tulent que seule l’intensification du capi­ta­lisme per­met­tra son dépas­se­ment. Enfin, beau­coup des intel­lec­tuels pro­po­sés dis­til­lent une cri­tique des des­truc­tions du capi­ta­lisme en regard d’un pas­sé où le sou­ve­nir de l’absence des alié­na­tions modernes et le rôle du sens de la limite planent sur leurs tra­vaux. Cet ouvrage est un puis­sant sti­mu­lant, en plus de faire connaître des pen­seurs moins média­ti­sés et moins à la mode, pour ne pas s’assoupir auprès des mises en cause ins­ti­tu­tion­na­li­sées de l’idéologie tech­no­li­bé­rale.

Jean Cornil

Radicalité. 20 penseurs vraiment critiques
Ouvrage collectif coordonné par Cédric Biagini, Guillaume Carnino et Patrick Marcolini,
Editions L’Echappée, 2013

 

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