À la découverte des éditions Wildproject

Des révolutions philosophiques aux luttes politiques

Source : www.gallica.bnf.fr

Com­ment les pen­sées de l’écologie, tou­jours en mou­ve­ment, peuvent-elles être reliées à ce qui se passe sur le ter­rain et dans la ville ? Com­ment prendre de la dis­tance tout en fai­sant face à nos pro­blé­ma­tiques quo­ti­diennes en matière d’alimentation, de pré­ser­va­tion de l’environnement ? Bap­tiste Lanas­peze, fon­da­teur de la mai­son d’édition Wild­pro­ject et Geor­gia Fro­man, édi­trice et tra­duc­trice, nous racontent com­ment la phi­lo­so­phie de l’écologie a repré­sen­té un tour­nant pour la pen­sée. Outre-atlan­tique d’abord, puis dans le monde fran­co­phone ensuite, grâce notam­ment à leur impor­tant tra­vail de tra­duc­tion de textes fon­da­teurs. Aujourd’hui, alors que la pen­sée et les écrits sur les ques­tions envi­ron­ne­men­tales sont plu­tôt omni­pré­sents, leur poli­tique édi­to­riale mili­tante affirme la néces­si­té de tou­jours cher­cher à se décen­trer. Rencontre.

Il en faut du courage pour fonder une maison d’édition dans un paysage éditorial francophone déjà bien fourni. Qu’est-ce qui a brulé au fond de vos tripes pour vous lancer dans cette aventure ? Quel vide avez-vous voulu combler avec Wildproject ?

Bap­tiste Lanas­peze Le contexte social, le cli­mat socio­po­li­tique et éco­lo­gique a tel­le­ment chan­gé depuis le moment de la créa­tion de la mai­son que c’est exo­tique, pour moi, de la racon­ter. Mais c’est tout à fait ça, ça bru­lait car­ré­ment dans mon ventre. Les pre­miers livres sont sor­tis en 2009, mais l’incubation, les bru­lures dans le ventre comme tu dis, c’était plu­tôt entre 2003 et 2008. À l’époque, il y avait peu de liens entre les mondes intel­lec­tuels de la recherche, de l’écriture, de l’édition et les mondes de l’écologie mili­tante. Ça parait com­plè­te­ment fou, mais c’était ça. C’est à mon retour d’une année à New York, alors que, phi­lo­sophe, je fais moi-même par­tie du monde intel­lec­tuel, que tout d’un coup, j’ai eu le sen­ti­ment que le tra­vail phi­lo­so­phique n’était pas ter­mi­né, contrai­re­ment à ce qu’on m’avait appris à l’école. On nous disait qu’en phi­lo, on était arri­vé à une sorte d’accomplissement, qu’on allait étu­dier Hei­deg­ger, Kant, Hegel, Spi­no­za et Pla­ton jusqu’à la fin des temps parce que main­te­nant c’était fini. J’ai eu une gigan­tesque émo­tion intel­lec­tuelle lorsque je me suis ren­du compte qu’en rou­vrant la ques­tion de la nature, c’était tout l’édifice de la moder­ni­té qu’on pou­vait poten­tiel­le­ment ébran­ler. J’ai pris conscience qu’on ne pou­vait pas nous défi­nir nous, comme êtres humains, comme libres par oppo­si­tion à un monde natu­rel mar­qué par la cau­sa­li­té et le hasard. J’ai donc eu le sen­ti­ment d’être embar­qué dans une aven­ture phi­lo­so­phique qui me dépas­sait com­plè­te­ment et je me sou­viens très bien m’être dit que je ne vou­lais pas être le spec­ta­teur pas­sif d’un mou­ve­ment intel­lec­tuel si vaste dont j’avais la cer­ti­tude qu’il allait arri­ver. Cette émo­tion de la recom­po­si­tion idéo­lo­gique, je l’ai vécue comme une irrup­tion énorme. Et je me suis dit que ce qui venait de m’arriver, dans ma façon de mettre d’autres lunettes, il fal­lait que je le par­tage, que ce n’était pas pos­sible autrement.

Beaucoup de choses sont publiées aujourd’hui autour de l’écologie. On a l’impression d’un foisonnement. Comment, de votre côté, choisissez-vous les ouvrages qui vont entrer dans votre catalogue ? Je pense notamment au fait que vous avez proposé les premières traductions en français de nombreux textes…

BL Dans le contexte de l’époque dont je par­lais juste avant, mes pre­miers gestes ont été de vou­loir cas­ser le mur qu’il y avait entre les mondes de l’écologie mili­tante et les mondes intel­lec­tuels. Ils ne com­mu­ni­quaient pas et moi, j’ai eu envie de dire que l’écologie était un enjeu phi­lo­so­phique, qu’il y avait une phi­lo­so­phie de l’écologie et que tout ça, c’était très sérieux. Que ce n’était pas, contrai­re­ment à ce qu’affirmait Luc Fer­ry, un truc new-age, nos­tal­gique ou anti-moderne. Mon sou­ci était de faire du plai­doyer pour une phi­lo­so­phie éco­lo­gique, et c’est res­té mon sou­ci durant de longues années, et cela le reste. On peut dire qu’entre 2003 et 2013, je n’ai été obsé­dé que par ça. J’ai publié J. Baird Cal­li­cott et Arne Næss qui étaient des fon­da­teurs de la phi­lo­so­phie éco­lo­gique. À l’époque, je me sou­viens très bien avoir vu pas­ser Val Plum­wood, mais à l’époque, une phi­lo­sophe de l’écologie éco­fé­mi­niste, ça parais­sait au-delà de l’indigeste en termes de res­pec­ta­bi­li­té académique.

Geor­gia Fro­man Cal­li­cott était nova­teur, c’est notam­ment lui qui a don­né le pre­mier cours d’éthique envi­ron­ne­men­tale en 1971. Il est consi­dé­ré comme un des pion­niers, mais il reste un phi­lo­sophe assez conven­tion­nel, même s’il s’intéresse à l’écologie. Il a une approche intel­lec­tuelle et phi­lo­so­phique assez clas­sique et donc digeste pour le contexte français.

BL C’était déjà un geste que de le publier.

Vous êtes le premier à avoir publié une traduction de Printemps silencieux, ouvrage fondateur paru aux États-Unis.

BL C’est un des pre­miers livres publiés par Wild­pro­ject. Je vou­lais signa­ler que la France avait lou­pé quelque chose. Arne Næss a tou­jours dit que c’était la lec­ture de ce livre qui avait déclen­ché quelque chose chez lui pour créer la deep eco­lo­gy1, au moment où Cal­li­cott pro­po­sait son pre­mier cours d’éthique envi­ron­ne­men­tale, c’était dans les années 1970. Ce mou­ve­ment, ce geste radi­cal n’avait pas été per­çu par la France, ou mal com­pris. En 2008, je me suis retrou­vé à racon­ter cette his­toire-là avec un déca­lage de 35 ans. Quand tu crées une mai­son d’édition, aller vers les tra­duc­tions est une stra­té­gie assez géné­ra­li­sée parce qu’en fait, il va tou­jours res­ter des perles à l’étranger quand tu n’as pas encore de grands auteurs fran­co­phones dans ton cata­logue. Et donc j’avais une néces­si­té maté­rielle à me tour­ner vers l’étranger, et en même temps, il y avait une néces­si­té intel­lec­tuelle de faire de l’import. Et donc ces deux contin­gences cor­res­pon­daient tout à fait. Dans mon pre­mier com­mu­ni­qué de presse, pour décrire la mai­son, j’avais écrit que le pro­jet de Wild­pro­ject était d’importer et d’acclimater la France à la phi­lo­so­phie de l’écologie. Mais à l’époque, je ne pen­sais qu’à la phi­lo­so­phie, je n’avais pas encore pris connais­sance de l’histoire envi­ron­ne­men­tale, de la géo­gra­phie envi­ron­ne­men­tale, du droit de l’environnement, de l’écologie poli­tique, etc. Tout ce que certain.es dési­gnent aujourd’hui comme les « huma­ni­tés envi­ron­ne­men­tales » et qui repré­sentent toutes les dis­ci­plines « clas­siques » (socio­lo­gie, sciences humaines, etc.) qui prennent l’environnement pour objet. Tout ça pour dire qu’à ce moment-là, j’ai mené cette aven­ture un peu tout seul. Mal­gré la récep­tion posi­tive, j’ai rapi­de­ment eu l’impression d’un pla­fond de verre, que la phi­lo­so­phie de l’écologie n’intéressait qu’un petit nombre de gens, mais après dix ans, j’étais sur un pla­teau. En 2017, nous avons chan­gé de dis­tri­bu­teur et sommes pas­sés aux Belles Lettres ; et en 2019, j’ai accueilli une sta­giaire amé­ri­caine – ce fut le début d’une autre his­toire avec Geor­gia –, et éga­le­ment un nou­vel auteur qui s’est révé­lé un excellent édi­teur, Marin Schaff­ner… Ayant moi-même fait un stage d’un an à New York, j’avais bien per­çu leur avan­ce­ment intel­lec­tuel sur ces questions.

GF Aujourd’hui le contexte a beau­coup chan­gé. En mai, nous allons fêter les soixante ans de la paru­tion de Prin­temps silen­cieux et c’est quelque chose qui va être un évè­ne­ment cultu­rel, alors que quand Wild­pro­ject a réédi­té le livre en 2009, il n’avait pas été mis en lumière depuis de nom­breuses années, mal­gré sa publi­ca­tion ini­tiale en France dans les années 1960 et son sta­tut de clas­sique dans le monde anglo­phone. En dehors du phé­no­mène cultu­rel autour de l’écologie qui com­mence à éclore aujourd’hui un peu par­tout, il y a aus­si le fait que la scène des huma­ni­tés envi­ron­ne­men­tales en France s’est déve­lop­pée depuis dix ans. On a donc main­te­nant des autrices et des auteurs qui à leur tour, com­mencent à être tra­duits à l’étranger. Il y a main­te­nant un dia­logue trans­at­lan­tique réci­proque qui s’installe.

On sent dans les diverses collections de la maison, que vous êtes influencé·es par les traditions urbaines, que vous développez beaucoup cette notion de territoire. Qu’est-ce qui vous porte, là-dedans, par rapport à cette notion d’ancrage territorial ?

BL C’est une super jolie ques­tion, je te remer­cie de me la poser. Ça me fait plai­sir que tu relèves le côté ancré du cata­logue, on nous inter­roge rare­ment là-des­sus. Mais oui, le côté ancré dans les ter­ri­toires est très impor­tant pour nous. La pre­mière rai­son, c’est que tous ces pen­seurs de l’écologie se sont rapi­de­ment ren­du compte du côté « hors sol » de la phi­lo­so­phie et ont res­sen­ti le besoin de se don­ner des ter­rains. C’est la réflexion que je m’étais faite moi-même, en tant que phi­lo­sophe, lorsque j’avais décou­vert les pen­sées de l’écologie. Je m’étais ren­du compte que je ne pou­vais plus faire de la phi­lo en res­tant à la biblio­thèque et que je devais me doter d’un ter­rain. De quel ter­rain dis­pose-t-on quand on fait de la phi­lo ? On n’est pas armé pour faire du ter­rain bota­nique, ni du ter­rain de sciences sociales, on n’a pas de méthode, on ne sait pas faire… Du coup, je me suis don­né un ter­rain qui me conve­nait, celui de la ville que j’aimais, là où ma vie avait plus de sens qu’ailleurs, et c’était Mar­seille. Je me suis dit que mon objet d’études allait être Mar­seille et que j’allais l’arpenter dans tous les sens pour y explo­rer les rela­tions ville/nature. Ça a don­né lieu à toute une série de pro­jets qui se sont enfi­lés dans cette logique-là. J’ai fait un pre­mier livre sur Mar­seille aux édi­tions Autre­ment, un deuxième livre sur Mar­seille chez Actes Sud en 2012 (Ville sau­vage, réédi­té en 2020), avant de publier chez Wild­pro­ject un livre qui s’appelle Atlas d’une ville nature. J’ai aus­si com­man­dé des pro­jets, d’autres sont arri­vés, notam­ment une his­toire du rap à Mar­seille qui n’avait jamais été écrite. Mais ça a sur­tout don­né lieu à l’aventure des sen­tiers métro­po­li­tains. Il y a au moins dix bou­quins dans le cata­logue qui sont la consé­quence directe de cette déci­sion de me don­ner le ter­rain de l’urbanisme et de Mar­seille comme objet d’études. Et puis un jour, j’ai accueilli ici un phi­lo­sophe qui m’a dit qu’il avait besoin d’un ter­rain et qu’il vou­lait tra­vailler sur les loups. Et donc on a fait un bou­quin de phi­lo­so­phie sur les loups. Ce phi­lo­sophe, c’était Bap­tiste Mori­zot. Donc, pre­mière rai­son, mon propre enga­ge­ment sur le ter­rain à Mar­seille. Deuxième rai­son, l’arrivée de plu­sieurs phi­lo­sophes dont Mori­zot, mais un autre pour qui j’ai éga­le­ment beau­coup d’estime et qui aujourd’hui n’a pas encore ren­con­tré ce niveau d’éclosion même si son tra­vail me semble éga­le­ment for­mi­dable, c’est Mat­thieu Duper­rex. Lui aus­si s’est dit qu’il ne pou­vait plus faire de la phi­lo­so­phie hors sol et il a com­men­cé à faire un tra­vail sur La Nou­velle-Orléans en le croi­sant avec la Camargue. Cela a don­né Voyages en sol incer­tain qui est une mer­veille. On a tout le cata­logue Mar­seille et sen­tiers métro­po­li­tains ain­si que ce cata­logue des nou­veaux phi­lo­sophes qui se don­naient des ter­rains. Le troi­sième élé­ment, c’est l’arrivée de Marin Schaff­ner dont on n’a pas encore suf­fi­sam­ment par­lé mais qui a débar­qué chez Wild­pro­ject pour faire le livre des dix ans de la mai­son sur une com­mande que je lui avais faite et qu’il a magni­fi­que­ment hono­rée en écri­vant le livre Un sol com­mun : lut­ter, habi­ter, pen­ser. Cet ouvrage fait un état des pen­sées de l’écologie en langue fran­çaise en 2019. Marin, lui, s’est pas­sion­né pour le bio­ré­gio­na­lisme, ce cou­rant de pen­sées qui vient des États-Unis, qui com­mence à per­cer ici et qui s’attèle à pri­vi­lé­gier les fron­tières natu­relles au détri­ment des fron­tières admi­nis­tra­tives afin de ren­for­cer les liens har­mo­nieux entre nature et culture. C’est encore une invi­ta­tion à repar­ler des ter­ri­toires concrets.

Néanmoins, les auteur·rices que vous publiez sont très blanc·hes, alors que la notion de territoires, elle, est bien vaste. Pourquoi ne pas avoir une plus grande diversité d’auteur·rices dans votre catalogue ?

BL Je vou­drais répondre à ta ques­tion en l’articulant avec d’autres choses dont j’aimerais que Geor­gia nous parle. En fait, dans cette pre­mière phase pion­nière de la pre­mière décen­nie où mon but était de faire une brèche dans le monde aca­dé­mique pour mon­trer que l’écologie était un sujet qui méri­tait d’être por­té à l’académie, je suis effec­ti­ve­ment allé, sans me le for­mu­ler expli­ci­te­ment, vers des figures d’autorités – qui étaient des hommes blancs. Évi­dem­ment, l’autorité aca­dé­mique dans le monde occi­den­tal, c’est l’homme blanc. Ce n’était pas une déci­sion consciente, mais j’ai par contre bien sui­vi les rails de la domi­na­tion pour impo­ser l’écologie à la fac. Mais une fois que cette brèche avait été faite, on a pu com­men­cer à se poser des ques­tions un peu plus fines, un peu plus inté­res­santes. Aux alen­tours de 2015, il y a eu deux phé­no­mènes simul­ta­nés. J’ai, à titre per­son­nel, connu une conver­sion poli­tique spec­ta­cu­laire aux ques­tions déco­lo­niales. Elles sont deve­nues le sujet prin­ci­pal de ma vie de mili­tant et d’intellectuel. C’est aus­si deve­nu une ligne impor­tante du cata­logue. Dans le même temps, ma col­lègue Émi­lie Hache est venue me trou­ver. Elle m’a dit qu’elle aime­rait que Wild­pro­ject, après avoir publié les grands blancs de l’écologie, publie quelques titres phares de pen­seuses fémi­nistes. Elle m’a dit qu’il fal­lait que je publie La mort de la nature de Caro­lyn Mer­chant, Val Plum­wood, Van­da­na Shi­va. Nous avons trou­vé sa pro­po­si­tion très juste et nous l’avons sui­vie dans la mesure où il nous a alors sem­blé évident que toutes ces pen­sées allaient appor­ter de l’eau au mou­lin de la réflexion que nous sou­hai­tions mettre en mou­ve­ment. Elle nous a accom­pa­gnés dans cette aven­ture et est deve­nue conseillère édi­to­riale. Nous avons encore des pro­grès à faire pour diver­si­fier les auteur·rices publié·es et il y a encore du tra­vail pour faire entendre dans le monde occi­den­tal des voix issues des pays des Suds.

GF Au début, le cata­logue était assez mas­cu­lin pour les rai­sons évo­quées par Bap­tiste. Et ce, même si le pre­mier livre publié était une tra­duc­tion de Rachel Car­son, une icône fémi­niste. Mais der­niè­re­ment, nous avons publié plus d’autrices, notam­ment de Caro­lyn Mer­chant ; son ouvrage La mort de la nature est un des livres fon­da­teurs de l’écoféminisme en langue anglaise. Mes deux pré­fé­rées sont deux aus­tra­liennes, Val Plum­wood et Debo­rah Bird Rose. La seconde est une des fon­da­trices des huma­ni­tés éco­lo­giques. Son essai que nous avons publié Vers des huma­ni­tés éco­lo­giques est un pro­gramme qui a posé toutes les bases de ce qu’on appelle, comme on l’a dit avant, les huma­ni­tés envi­ron­ne­men­tales avant que ce domaine ne devienne un phé­no­mène à l’université. L’écologie de Val Plum­wood, que l’on retrouve dans L’œil du cro­co­dile passe en par­tie par son rap­port au corps, son expé­rience concrète mais aus­si son expé­rience en tant que mère. Tout cela croise la phi­lo­so­phie écoféministe.

Sur vos quinze années d’existence, vous avez commencé par faire venir un courant de pensées en France et aujourd’hui, vous y faites éclore une nouvelle pensée. Wildproject, avec d’autres petites maisons, est devenu moteur, avant-gardiste dans la mise à disposition et la circulation de nouvelles idées.

BL On a le sen­ti­ment agréable d’être recon­nus comme des gens qui font du bon bou­lot et nous en ins­pi­rons d’autres. Mais si on parle d’avant-garde, c’est com­pli­qué, car on est tou­jours avant-gar­diste qua­rante ans après quelqu’un d’autre. Cal­li­cott pré­sen­tait l’hypothèse Gaïa en 2008 devant une assem­blée de gens qui levaient les yeux au ciel parce qu’à l’époque, cette théo­rie du sys­tème Terre était tota­le­ment irre­ce­vable dans le monde aca­dé­mique. Et voyez où nous en sommes aujourd’hui ! Du coup, je ne sais pas si nous sommes avant-gar­distes ou si c’est juste qu’on essaye de cas­ser des murs qui ont été construits. Par exemple, on dit tou­jours que l’écologie poli­tique est née en 1962 avec Rachel Car­son. Ce n’est pas faux his­to­ri­que­ment, mais il y a tout de même plein de choses que les modernes redé­couvrent aujourd’hui et que des peuples autoch­tones du monde entier connaissent depuis des cen­taines d’années. Donc au final, on ne sait pas trop si on innove ou si on retrouve juste des pen­sées oubliées. Par­fois, on a juste l’impression de défaire tout ce qu’on a appris de tra­vers à l’école.

  1. L’écologie pro­fonde attri­bue plus de valeur aux espèces et aux dif­fé­rents éco­sys­tèmes que les mou­ve­ments éco­lo­giques dits clas­siques. Elle se carac­té­rise par la défense de la valeur intrin­sèque des êtres vivants et de la nature.

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