Alain Brossat : Considérer le postcolonial, reconnaître le colonialisme
- Détails
- Entretien
Propos recueillis par Aurélien Berthier
Alain Brossat est philosophe et professeur émérite à l’Université Paris 8 Saint-Denis. Son dernier ouvrage, « Autochtone imaginaire, étranger imaginé, retour sur la xénophobie ambiante » balaye en différentes entrées thématiques la question de l’hospitalité et de l’hostilité à l’égard de l’étranger, celle des discours du pouvoir qui construit cette question comme centrale et pose notamment en toile de fond la question postcoloniale. Une dimension qu’il faut songer à prendre en compte dans l’analyse et le commentaire des rapports sociaux actuels. La question de la reconnaissance pouvant être un début de résolution de certains nœuds de tensions intercommunautaires.
RETOUR SUR L’ASSASSINAT DE LUMUMBA
- Détails
- Politique
Par Aurélien Berthier et Jean Cornil
Patrice Lumumba, Premier ministre de la République du Congo naissante a été assassiné le 17 janvier 1961 dans des circonstances jamais totalement éclaircies jusqu’à maintenant. Les raisons de sa mort mélangent en effet intérêts locaux et internationaux, belges et congolais. On est cependant sûr qu’une large participation de l’État belge a eu lieu. La relance d’une procédure aujourd’hui en Belgique, peut permettre d’en éclairer les méandres, les responsabilités précises et surtout pénales, mais aussi de revenir sur ce point de tension historique, ce nœud pas vraiment défait. Récit de l’affaire et rencontre avec Annemie Schaus, avocate de la famille Lumumba.
Présence des Congolais à Bruxelles et postcolonialismes
- Détails
- Entretien
Propos recueillis par Aurélien Berthier
Toute ancienne métropole ne peut échapper au rapport postcolonial. Quelles survivances ou déplacements de principes coloniaux ont pu se faire en Belgique ? Comment se jouent les rapports entre postcoloniaux et postcolonisés, Belges et Congolais ? Sarah Demart est socio-anthropologue spécialisée dans les études postcoloniales et les migrations congolaises (RDC), chargée de recherche au FNRS et membre du Centre d'Etudes de l'Ethnicite et des Migrations de l'ULg. Elle nous indique ici quelques éléments importants pour appréhender la dimension postcoloniale des rapports sociaux en Belgique.
QU’EST-CE QUE LA DIMENSION POSTCOLONIALE ?
- Détails
- Réflexions
Par Aurélien Berthier
L’adjectif « postcolonial » est utilisé de plus en plus fréquemment. Il commence à s’immiscer dans le débat public de manière plus ou moins polémique. Il concerne tout autant les traces et séquelles de la colonisation, dans les pays devenus indépendants que des problèmes qui se posent dans les anciennes métropoles coloniales depuis ces indépendances.
NÉOCOLONIALISME POLITICO-ÉCONOMIQUE : DES STIGMATES AUX REMISES EN CAUSE
- Détails
- Réflexions
Par Arnaud Zacharie
Les relations Nord-Sud ont reproduit depuis les indépendances des caractéristiques néocoloniales qui ont cherché à maintenir les pays en développement dans la périphérie de l’économie mondiale. Pourtant, depuis le début des années 2000, l’émergence de puissances régionales du Sud et l’évolution vers un monde multipolaire ont tendance à remettre en cause l’hégémonie des puissances occidentales et la hiérarchie traditionnelle de la division internationale du travail. Or si ces mutations ont tendance à altérer les relations néocoloniales du passé, elles ont également pour effet de provoquer de nouvelles formes de domination.
« TINTIN AU CONGO » SOUS L’ANGLE DU POSTCOLONIALISME
- Détails
- Réflexions
Par Antoine Tshitungu Kongolo
« Tintin au Congo » d’Hergé a défrayé la chronique en 2007 pour avoir été mis à l’index par une organisation britannique en raison prétendument de son racisme avéré. Dans la foulée, des voix se sont élevées, non sans opportunisme, pour réclamer l’interdiction d’imprimer et de diffuser cet album. En Belgique une requête fut déposée auprès des autorités judiciaires dans ce sens. Ce procès et ses péripéties se sont déroulés sur la toile de fond d’un pays, la Belgique, réticent à se reconnaître comme postcolonial, c’est-à-dire à s’assumer en tant qu’héritier d’une domination coloniale dont l’impact sur la scène de l’histoire et les résonances sur la sensibilité de sujets issus de l’ancienne colonie posent question et requièrent des réponses.
VINCENT DE COOREBYTER : DES CHIFFRES ET DES LETTRES
- Détails
- Portrait
Propos recueillis par Yanic Samzun et Jean Cornil
Vincent de Coorebyter est un homme attachant, subtil analyste des méandres politiques de notre pays comme de la pensée de Jean-Paul Sartre. Directeur général du Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP) jusque récemment, en partance pour devenir Professeur de philosophie à l’ULB, membre de l’Académie royale de Belgique, il est un témoin privilégié des évolutions politiques, académiques et sociétales de notre temps. Rencontre avec un intellectuel tout en finesse et en humilité.
ISABELLE STENGERS : VERS UNE PLURALITE DES SCIENCES
- Détails
- Réflexions
Propos recueillis par Sabine Beaucamp
Isabelle Stengers enseigne la philosophie des Sciences à l’Université libre de Bruxelles. Elle porte ses réflexions sur une éducation aux sciences qui ne formerait pas à la science comme modèle de rationalité, d’objectivité ou de savoir remplaçant l’ignorance, mais qui permettrait de comprendre ce qui intéresse les scientifiques et la manière dont ils s’y intéressent. Selon Isabelle Stengers la pluralité des sciences n’est pas assez reconnue et pas assez cultivée par les scientifiques eux-mêmes.
ANNE TERESA DE KEERSMAEKER : MA MARCHE EST MA DANSE
- Détails
- Côté Nord

Par Sabine Beaucamp
Est-il besoin de présenter Anne Teresa De Keersmaeker ? Chorégraphe belge flamande quinquagénaire née à Malines qui a véritablement apporté un nouveau souffle dans le monde de la danse au début des années 80. Un nouveau courant de danse fondé sur le minimalisme, la relation danse/musique, l’architecture et l’espace ainsi que la rigueur. Sa prochaine création Partita N°2 en collaboration avec Boris Charmatz travaillera autour de la question « quelle est ma danse, ma manière de danser aujourd’hui ? ». Dans la Partita de Bach, ça dansera, ça bougera beaucoup et ce ne sera pas pour nous déplaire !
POURQUOI LA CULTURE DU RÉSULTAT MOBILISE LES MÉDIAS
- Détails
- Médias
Par Marc Sinnaeve
« Ce que nous coûtent le Parlement fédéral et ses élus », titrait Le Vif/L’Express, le 15 février dernier. L’hébétude médiatique pour le comptable comme mesure de tout participe de l’approche gestionnaire et utilitariste de la « société globale de l’information ». Ceints de leur nouvelle armure technologique, les médias sont en première ligne d’une « mobilisation générale », selon le mot d’Isabelle Stengers. Mais les journalistes estafettes le savent-ils ?











